Dietrich courait comme il n’avait jamais couru…
Ses mains tendues devant lui pour écarter les plants de maïs alors qu’ils lui fouettaient le visage. La sueur perlait de son front lui brûlant les yeux, son cœur battait la chamade dans sa poitrine, sa respiration était courte et saccadée. Tout son corps lui faisait mal mais rien au monde ne le ferait s’arrêter.
Un rayon de lune éclaira la scène à travers les nuages noirs déchirés par le vent, un homme aux yeux cobalts, ses cheveux blonds cachés par son tricorne, vêtu d’une redingote noire, de bottes de cuir couvertes de boue, un sabre tâché à la main, seul au milieu de son champ piétiné. À la lisière des Vieux Bois un corbeau croassa en s’envolant comme dérangé par quelque chose. Une ombre semblait sortir de derrière les arbres.