C’est pas toujours évident de cohabiter. Ceux qui ont testé la colocation savent de quoi je parle. Et encore je parle d’humains à peu près normaux. À peu près parce que je pense à mon dernier coloc… flippant ! Pas très normal. P’têt même pas humain d’ailleurs !
Bref, pas facile.
Alors imaginez ce qui se passerait dans une petite maison où les habitants ne seraient ni humains, ni normaux, et encore moins cordiaux !! Imaginez-les ronchons et particulièrement belliqueux. Chacun ayant des aptitudes guerrières inégalées.
Que se passerait-il selon vous ?
BASTON !!!!
Rumble in the House nous offre la possibilité d’être highlander dans ce monde de cinglés. Il ne peut en rester qu’un !! Chaque habitant a une bonne raison de flanquer les autres dehors. Voyons comment Olivier Saffre voit la chose ; en nous offrant ce petit jeu, il se livre un peu dirait-on… Vivre à plusieurs, c’est pas son truc !!
Nous n’allons donc pas faire cohabiter les affreux personnages de ce jeu. Nous allons bastonner !! Les affreux jojo qui vont s’affronter n’ont rien de gentil. Ils sont laids ou mesquins ou dangereux, ou tout ça à la fois !
Le premier sourire vient en les détaillant. Un robot en tutu rose, un alien, un gamin avec un arc, un gorille enragé, un ninja rose, un chat doté d’un pistolet-mitrailleur, etc. Les dessins sont excellents ! Kwanchai Moriya y mélange poésie et violence façon manga de manière élégante.
La maison sera composée de rectangles cartonnés représentant les pièces. Les joueurs créent un logement de douze pièces comme bon leur semble. Les plaquettes sont de qualité et les illustrations simples mais propres.
Une fois la maison élaborée, on y place les douze personnages. Si vous savez compter vous vous êtes rendu compte que chaque personnage va dans une pièce et que chaque pièce reçoit un personnage. C’est la notion « autant que » !! Les personnages sont des petites plaquettes illustrées rectangulaires (trapézoïdales pour être exactes) que l’on enfiche dans un pied en plastique. Ce n’est pas extrêmement solide, ni thermoformé, ni « à peindre » mais c’est somme toute suffisant pour les parties éclairs qui arrivent.
En effet, le temps de jeu correspond presque à celui pris pour lire les deux mini-pages de règles. C’est à dire très court !
Le principe est que chaque joueur reçoit deux jetons représentant ses deux personnages. Il les garde secrets et essaye de faire en sorte qu’ils se fassent expulser le plus tard possible.
À son tour de jeu, un joueur peut soit déplacer un personnage seul dans une pièce vers une pièce adjacente, soit bastonner dans une pièce où il y a plusieurs personnages. Deux possibilités. C’est tout. Et c’est ici que tout le bluff s’exprime.
Ne pas se faire repérer par les autres joueurs ! Ne pas se faire expulser ! Il est possible de détourner l’attention des adversaires sur un autre personnage. De râler quand on nous expulse même si en vrai… c’est pas nous ! Bref, de semer le doute afin d’être le dernier. Le MacLeod in the House !
Pour déplacer un personnage, rien de plus simple, il suffit de suivre un mur et de passer la porte pour se retrouver dans l’autre pièce. Pour bastonner, rien de plus simple (si ce n’est « se déplacer »…) il suffit de saisir avec vos doigts délicats ou boudinés (ça dépend de l’angle de vue) le personnage que vous voulez expulser et de le poser à côté de la maison.
Si c’est pas simple ça !
Précaution à prendre : il faut placer les éjectés dans l’ordre d’éjection (et pas d’éjection, hein). Car c’est leur durée dans la maison qui rapporte des points. Les deux premiers, nada. Les suivants de un à neuf points. Le dernier survivant, le rambo de ces lieux, dix points.
Une manche durant environ… moins que ça, on en fait trois et celui qui a le plus de points a gagné. Original, non ?
Mon avis
C’est pas Caylus, ça c’est sûr. Et ça ne prétend pas l’être. Alors si vous voulez vous creuser les méninges pendant deux plombes, passez votre chemin.
Maintenant si vous voulez vous marrer un peu, en faire des tonnes en essayant de détourner l’attention, être dégoûté d’avoir été sorti en premier et du coup vouloir vous venger ardemment, venez donc faire une partie.
Petit jeu, petite boîte mais bien remplie, petit prix, parties rapides et efficaces, petites émotions… à glisser avec les autres apéri-jeux. Un bon moment en famille ou entre potes. Bonne pioche chez Flatlined Game !