Série La Répétition / The Rehearsal

Il y a des séries qu’on regarde d’un œil distrait, et puis il y a celles qui débarquent et te donnent l’impression que quelqu’un vient d’ouvrir un minuscule trou secret dans le fond de la télévision par lequel on va voir quelque chose de magique.

The Rehearsal fait partie de cette seconde catégorie. Difficile d’en dire trop sans briser la magie, mais disons simplement que j’ai rarement vu un projet aussi malin, étrange et hypnotisant. On croit savoir où ça va, mais on ne sait jamais vraiment. Et c’est génial.

Pourquoi répéter change tout

Avant même de parler de la série, j’ai envie de m’attarder sur un truc fondamental qu’elle met en lumière : la répétition. 

Dans la vraie vie, répéter un moment important, une conversation difficile, un choix délicat, ça peut changer la donne. S’entraîner, prévoir, rejouer une scène encore et encore, c’est peut-être la seule façon qu’on ait de désamorcer l’angoisse du réel. 

On se donne une chance de faire mieux, de comprendre ce qu’on ressent, de prendre du recul. 

Bien sûr, la vie ne se laisse jamais totalement dompter, mais s’offrir une répétition, même imparfaite, c’est déjà reprendre un peu de contrôle. 

C’est cette question-là précisément que la série va explorer, celle d’avoir une meilleure vie si on répète avant.

The Rehearsal : Une quête de vie meilleure par la répétition

The Rehearsal, c’est un ovni télévisuel. Nathan Fielder part d’un postulat simple : aider des gens ordinaires à répéter un moment stressant de leur vie pour qu’ils le vivent mieux et réussissent mieux. Par exemple « se confesser d’un mensonge » ou « proposer un changement de vie à son conjoint ». C’est important, il faut que ça marche, que ça soit parfait, qu’on ne fasse pas nimporte quoi au moment le plus important.

Sauf que Nathan Fielder, qui s’est donné pour mission d’âidre des gens qui en ont besoin ne fait rien à moitié. 

Il met en oeuvre des moyens extraordinaires pour permettre cette répétition. Son imagination est sans limite pour parvenir à l’authenticité nécessaire à celle-ci.

Et personne ne fait pas semblant dans ce show en « caméra cachée », les gens qui participent, tous, ne sont pas « scriptés », rien n’est écrit, le concept est sincère. Tout le monde va essayer d’aider la personne dans sa répétition. Même Nathan. Mais à quel prix ?

C’est brillant, parfois profondément malaisant, souvent hilarant, et surtout fascinant. On en ressort avec la sensation d’avoir observé une expérience sociale sous acide.

 

Nathan Fielder, l’homme derrière l’expérience

Ce qui rend la série encore plus forte, c’est Nathan Fielder lui-même. 

On pourrait croire que tout sort de nulle part, mais pas du tout. L’homme vient du monde du mockumentary, du malaise finement travaillé, de l’humour pince-sans-rire qui te laisse suspendu entre le rire et la gêne. 

Il a déjà fait ses preuves avec Nathan For You, une série qui transformait les problèmes des petites entreprises en sketchs grandeur nature. 

The Rehearsal pousse plus loin ce qu’il faisait déjà : mélanger empathie, absurdité, mise en scène extrême et questionnement philosophique. Quand on sait d’où il vient, on comprend mieux pourquoi cette série ne ressemble à rien d’autre.

Mon avis, j’aime cette oeuvre. Vraiment, d’amour.

Oui, elle a ses moments malaisants ou hilarants, mais on ne peut pas vraiment dire que ça a été voulu et provoqué. 

Le concept impose d’aller si loin qu’il ne peut y avoir que des moments étranges qui émergent. De plus le montage, exceptionnel, donne un tempo comique à l’ensemble, qui réussit très bien.

On entre dans The Rehearsal par le trou de la serrure, et on distingue un moment fantastique fait de gens qui veulent tellement bien faire qu’ils font des choix absurdes et les assument avec le plus grand des sérieux.

C’est du génie. Et c’est absolument à découvrir.

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