JDR – L’inspiration pour le MJ

Une feuille désespérément blanche, un stylo, des gouttes de sueur qui perlent sur votre front, une partie prévue dans quinze jours et votre mentor « maître de jeu » qui a décidé de faire partie de vos joueurs.
L’inspiration n’est pas au rendez-vous et votre scénario n’émerge pas.

C’est la « caca », c’est la « tata », c’est la catastrophe !!! Comment faire ?

Ne faites rien

Je serais tenté de dire : « Pour le moment, ne faites rien ! ». Les auteurs, les écrivains, les scénaristes de film (enfin, tous ceux qui considèrent les scénaristes de JDR comme des va-nu-pieds de la création…) vous le diront (si toutefois, ils vous adressent la parole). Quand l’inspiration ne se manifeste pas, inutile de sonner plus longtemps à sa porte comme le ferait l’agent d’une société de recouvrement. L’inspiration ne nous doit rien ! C’est à nous de l’amener à collaborer mais tout en douceur. Pour cela, je vous proposerais, dans ces quelques lignes, des pistes à exploiter pour y parvenir.

Donc, premier conseil, ne faites rien et laissez tomber la pression. Détendez-vous et ne pensez pas à la partie. Sortez, allez boire un verre avec vos potes ou respirez l’air frais d’une nuit d’été. Au pire, profitez-en pour faire un peu de ménage ou vos courses de la semaine (avec prise de tête à la caisse si possible). Rien de mieux qu’un bon bain dans les eaux mouvementées de la réalité pour titiller le cortex de votre cerveau droit (l’hémisphère de l’imagination pour rappel).

1. Connais-toi et connais tes joueurs

Sous cette maxime évidente réside, à mon sens, une des clés principales permettant d’ouvrir le portail de l’imagination. Il s’agit de faire une petite introspection de vos objectifs ludiques ainsi que des possibles aspirations de vos joueurs. Prenez cette fichue feuille blanche et tentez de répondre aux questions suivantes :

  • Quel style de jeu, quel contexte me procure le plus de plaisir ludique en tant que MJ ? (Enquête, action, mix…)
  • Quel style de jeu aime chacun de mes joueurs et quel style est susceptible d’accrocher l’ensemble du groupe ?

Remémorez-vous vos anciennes parties en tant que MJ et/ou joueur. Certains souvenirs, certaines scènes ont certainement marqué votre expérience de rôliste… Il s’agira d’en retirer la substantifique moelle qui fait se précipiter les joueurs autour de votre table ou celle des autres. Vous aurez alors une base, certes empirique, mais tout à fait exploitable pour poser les éléments de votre futur scénario. L’anticipation du « plaisir ludique » me paraît essentielle et ne pas tenir compte de ça vous dirige tout droit à la case « après-midi foirée ».

Par contre, si les réponses ne surgissent pas d’elles-mêmes, n’hésitez pas à demander directement à vos joueurs. Un petit mail à chacun vous permettra de prendre la température. En tout cas, essayez de garder à l’esprit que ce fameux plaisir ludique dont nous parlons est, lui aussi, très subjectif. Il faut donc profiter de la tendance du moment. Vos joueurs aussi ont une vie palpitante, alternance de soucis, de stress, de joies, d’espoirs et souvent les personnages qu’ils choisiront et les jeux qu’ils préféreront dépendront de leur réalité actuelle.

L’objectif du plaisir ludique étant fixé, vous pouvez passer à la phase « artistique » du problème. L’inspiration va pointer le bout de son nez… saisissez-le !

2. Observer – Écouter – Sentir

Vous êtes dans un monde actif et réactif et toute situation peut constituer une idée, un thème à développer pour votre scénario.
Dans le métro, un gars est bizarrement habillé et présente une particularité qui attire votre regard ? Pourquoi ne pas en faire un PNJ croustillant ?
Un papillon vous frôle dans les allées d’un parc ? Peut-être s’agit-il de ce maudit nécromancien qui a décidé d’espionner les joueurs.
Tiens, ça sent le brûlé ! Et si votre scénario commençait par un bâtiment en feu ?
Une conversation, un bruit de pas dans l’escalier… vos oreilles réceptionnent des signaux que vous pouvez visualiser autrement dans le contexte de votre scénario, mais encore faut-il faire l’effort de leur donner une autre origine que celle dont ils découlent.

3. Lire et consulter

On ne le répétera jamais assez, la lecture est indispensable pour faire fructifier nos petites neurones. Plusieurs options existent :

  • Replongez-vous dans les livres qui ont, peut-être, généré votre jeu de rôle (cycle d’Elric de Moorcock, œuvres de Pratchett pour le Disque-Monde, écrits de Lovecraft pour L’Appel de Cthulhu…). Les romans sont une source d’idées inépuisable : travaillez les « à côtés » plutôt que le fil directeur.
  • Replongez-vous dans les livres qui constituent votre jeu : manuels de base, bestiaires, aides de jeu… Sans révéler les secrets, ces ouvrages offrent souvent des idées de scénarios sous chaque description de créature ou de dieu.
  • Fouillez magazines et sites internet : ils regorgent d’idées et parfois même de scénarios complets qui, en cas d’urgence, peuvent vous sauver la mise.

4. Rêver en musique

Un coin au calme, un lecteur MP3, un petit carnet et un crayon… Pour ma part, je sélectionne une musique en rapport avec l’objectif ludique et le contexte de ma future partie (ex. : BOF de « Bone Collector » pour ambiance lovecraftienne). La visualisation fera peut-être le reste. La musique constitue un élément d’ambiance avant, mais aussi pendant, la partie.

5. N’oubliez pas votre matos !

Les idées peuvent surgir en toutes circonstances (aux toilettes aussi, je vous assure !). Pour ne pas les perdre, gardez toujours sur vous un petit carnet et un crayon. Méthode traditionnelle, certes, mais rien ne vaut l’odeur du fusain ou de l’encre.

6. L’ultime solution

L’inspiration vous a posé un « lapin ». Ne vous laissez pas abattre ! Il suffit de faire chauffer la carte de crédit et d’acheter un scénario tout prêt chez votre détaillant préféré. Vos œuvres attendront une prochaine partie.

Conclusion

L’inspiration est une démarche créatrice qui se travaille. Rien ne vous empêche de commencer à noter quelques idées même si vous n’êtes pas encore pressenti pour devenir ce MJ extraordinaire que personne n’oubliera.
Allez, courage, le meilleur est à venir… « mais ceci est une autre histoire qui sera contée une autre fois. »

Spread the love

Your email address will not be published.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.