JDS – La Gloire e Rome

« La prudence humaine avait ordonné tout ce qui dépend de ses conseils : on songea bientôt à fléchir les dieux, et l’on ouvrit les Livres Sibyllins. D’après ce qu’on y lut, des prières furent adressées à Vulcain, à Cérès et à Proserpine : des dames romaines implorèrent Junon, premièrement au Capitole, puis au bord de la mer la plus voisine, où l’on puisa de l’eau pour faire des aspersions sur les murs du temple et la statue de la déesse ; enfin les femmes actuellement mariées célébrèrent des sellisternes et des veillées religieuses. Mais aucun moyen humain, ni largesses impériales, ni cérémonies expiatoires ne faisaient taire le cri public qui accusait Néron d’avoir ordonné l’incendie. »

Présentation du jeu

La Gloire de Rome est le dernier Filosofia, qui va se classer dans la série des Card Driven, tant populaire aujourd’hui (Race for the Galaxy, Kennedy Vs Nixon, Twilight Struggle…). Le jeu consiste à gérer sa main de cartes, afin de reconstruire la cité de Rome, après que cette dernière est été brulée par Néron.

Il est destiné à tout public (annoncé pour 12 ans et plus), mais plaira également aux plus acharnés en raison du challenge apporté par ce « petit » jeu.

A l’ouverture de la boite, on se retrouve avec environ 200 cartes, reparties en différentes catégories :

Des cartes commandes, qui vont représenter les bâtiments que l’on peut construire, les matériaux utilisables, les personnes que l’on peut embaucher (appelées clients), ainsi que les points d’influence, nécessaire à l’extension de son domaine (et permettront de calculer les points de victoire).

Des cartes chantiers, de différentes couleurs, représentant les fondations des bâtiments que l’on va construire.

Des cartes sénateurs, qui correspondent en fait à des jokers, permettant de jouer n’importe quel rôle lors de son tour.

Enfin, en plus de quelques marqueurs, vous trouverez un plateau de jeu pour chaque joueur, résumant les actions de chaque rôle, mais également de quoi compter votre influence, clientèle et or.

Au niveau de la qualité du matériel, les cartes sont de bonnes factures, avec des illustrations sympathiques mais sans rentrer dans le grand art. Ça rappelle parfois le dessin animé : Il était une fois l’Homme, et ça j’aime !!

Le plateau personnel est solide, et surtout parfait, étant donné qu’il résume toutes les actions possibles apportées par les différents rôles.

Un tour des règles

La méthode la plus simple pour jouer, et de lire les règles en même temps que les premières parties. Bien que facile d’accès au premier abord, le jeu se révèle vite technique.

Chaque joueur débute avec 4 cartes commandes en main, ainsi qu’une carte sénateur.

A son tour, le premier joueur va avoir deux possibilités : « Penser », c’est à dire qu’il va passer son tour et piocher des cartes (refaire sa main à 5 cartes, piocher une carte, ou piocher un sénateur), puis passer le rôle du premier joueur au suivant.

Sa deuxième option est de « mener » un rôle. C’est à dire, jouer une des cartes commande de sa main, afin de jouer le rôle inscrit sur celle ci (Patron, Marchand, Ouvrier….). Les autres joueurs peuvent alors penser, et donc piocher des cartes, ou alors suivre le rôle, en jouant le même rôle de leur main, afin d’exécuter la même action que le meneur. S’ils n’ont pas le rôle en question, ils peuvent jouer un sénateur (qui fait office de joker) ou jouer deux cartes de la même couleur, afin de suivre le rôle proposé.

Une fois que tout le monde a réalisé son action, le tour passe au joueur suivant.

La partie va se terminer de 3 manières, lorsque la dernière carte chantier utilisée pour construire des bâtiments est prise par un joueur, lorsque la pioche est épuisée ou lorsque certains bâtiments sont construits.

On procède alors à un décompte des points : Total de toute son influence auquel vient s’ajouter les points engrangés par les matériaux mis dans le coffre fort.

Mais en fait c’est super simple…?

Il est vrai que les règles sont très simples : jouer l’action liée à son rôle, afin de pouvoir gagner la partie.

Mais, c’est lors de cette phase d’action que tout le sel du jeu va se révéler.

En effet, les différents rôles vont permettre d’aller chercher des cartes dans le lot commun, qui n’est rien d’autre que la défausse.

Ce principe simple fait qu’il faut faire attention à ce que l’on jette afin de ne pas avantager les autres joueurs.

De plus, lorsque l’on va chercher des cartes, elles vont s’insérer dans notre plateau de jeu, permettant ainsi de multiplier les actions réalisables par tour. Ça n’est pas clair ?

Rien ne vaut un petit tour d’exemple :

« Je joue une carte Patron, me permettant d’aller chercher une carte rôle dans la défausse. Je vais y chercher un ouvrier, que je pose sur mon plateau de jeu.

Lors de mon tour suivant, je joue un ouvrier, me permettant d’aller chercher de la matière première dans la défausse. Ayant joué un ouvrier, je vais chercher une carte. Puis je vais chercher une carte supplémentaire pour tous les ouvriers présents sur mon plateau de jeu.

Et les autres joueurs font la même chose pendant mon tour ».

Bref, tout le sel du jeu vient de la gestion de sa main et des cartes dans la défausse, de ce que l’on jette et de comment évoluent les autres joueurs, afin de ne pas les avantager lorsque l’on joue.

Alors c’est bien ?

Vous avez du le ressentir dans ma présentation, mais ce « petit » jeu est mon coup de cœur du moment. Pour un prix modeste (environ 20€), on est en présence d’un très bon jeu, de bonne qualité, et pouvant se jouer de 2 à 5. Simple d’approche en terme de règles (elles s’expliquent en 5-10 minutes, et le plateau de jeu aide à la compréhension), il se révèle technique (c’est clairement un jeu à combinaison de cartes, qui peuvent parfois se révéler « monstrueuses » et décisives pour la partie, surtout à 5 joueurs), vicieux parfois (« si je joue cette action, mon adversaire va faire la même chose, et ça va l’arranger….mais j’ai besoin de cette carte pour gagner !!), et demande un certain temps à apprivoiser toutes les subtilités qu’il apporte (je dois en être à une dizaine de parties, et je gratte à peine le dessus du jeu).

Un probable futur hit.

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