“Une odeur fétide se manifeste – une puanteur écœurante de sang cuivrée qui se renforce jusqu’à ce que la fétidité opposante menace de submerger vos sens.
*in Folie londonienne*
Parallèlement à la sortie de Delta Green, les éditions Sans-Détour continuent leur précieux travail de traduction de la gamme générale en anglais. Aujourd’hui, le catalogue s’agrandit avec Les ombres de Léningrad et autres contes, supplément n° 17, recueil de scénarios issu d’une sous-gamme anglaise, Age of Cthulhu, dont voici une petite présentation, avant d’entrer dans le vif du sujet.
Age of Cthulhu
Age of Cthulhu est une sous-gamme de l’Appel de Cthulhu, publiée chez Goodman Games, une maison d’édition travaillant avec l’éditeur officiel, Chaosium Inc., éditeur étasunien de nos chers Grands Anciens et autres monstres extérieurs.
Tous les scénarios de cette collection se déroulent dans les années 1920, à travers le monde.
En effet, l’influence pernicieuse du Mythe s’étend à l’ensemble de la planète, et c’est donc mondialement que le combat a lieu.
Les ombres de Léningrad et autres contes rassemblent donc les trois premiers scénarios parus en anglais en un seul volume : Death in Luxor, Madness in Londontown, Shadows of Leningrad.
Ils sont tous les trois parus entre janvier 2009 et janvier 2010.
La gamme anglaise compte désormais quatre suppléments additionnels : Horrors from Yuggoth, Long reach of evil, Dream of Japon, Abominations of the Amazon – dont j’espère la traduction prochaine.
Prise en main
Tout comme les autres suppléments de la gamme, Les ombres de Léningrad et autres contes est en noir et blanc.
Une mise en page de type “manuscrit et grimoire”, qui s’accommode très bien avec l’ambiance du jeu.
Pour animer le tout, des affiches, du genre “affiches de film”, annoncent les scénarios, en présentant en casting les différents PNJ.
Une formule amusante qui fait mouche.
Afin d’aider à la maîtrise des différents scénarios, une multitude d’aides de jeu, de cartes, de plans… complètent l’ensemble afin de soutenir le Gardien dans sa maîtrise.
Petite nouveauté, me semble-t-il, pour Cthulhu, la rédaction de passages en italique, description clés en main, qui sont simplement à lire pour poser l’ambiance.
Ce sont tous les trois des scénarios pour débutants, taillés pour la découverte et l’initiation, incluant dans tous les cas des pré-tirés.
Mort à Louxor
Ce scénario débute à la Chicago House de Louxor, Égypte.
Les investigateurs, à peine arrivés sur place, découvrent qu’un professeur émérite, le docteur Bollacher, a massacré tout le personnel de l’institut avant de mettre fin à ses jours.
Les joueurs devront donc remonter la piste de ses recherches, qui s’ancrent dans le passé ancien de l’Égypte, et empêcher qu’une menace restée longtemps enfouie ne débarque sur le monde.
Bien documentée, cette aventure s’adresse à des joueurs débutants, comme précisé plus haut.
Plusieurs séances seront nécessaires pour mener à bien cette quête d’une quarantaine de pages.
Beaucoup de plans, notamment, agrémentent cette partie : cela m’a parfois fait penser à Dungeons & Dragons.
En petit clin d’œil, on peut noter la présence de la photographie d’un des personnages présents sur la couverture d’Innsmouth.
Folie londonienne
Ce scénario commence par une soirée de gala luxueuse au British Museum.
Seulement, tout va s’écrouler lors d’un suicide spectaculaire qui va conduire les investigateurs, présents à cette soirée, à s’interroger sur la raison qui a poussé le respectable professeur Whitlow à mettre fin à ses jours de manière aussi brutale.
Entre cultistes et assassins, les joueurs vont avoir du fil à retordre pour mettre le Mythe hors d’état de nuire !
Cette aventure possède un avertissement : comportant de nombreuses scènes macabres et un suicide saisissant, ce scénario est destiné à un public de joueurs matures, que l’horreur ne repousse pas.
Très orienté Investigation / Interaction, les investigateurs auront besoin de toute leur concentration pour poser les bonnes questions, et, malheureusement pour eux, arriver aux bonnes réponses.
Les ombres de Léningrad
Cette enquête commence par le service funéraire d’une amie des investigateurs, l’artiste Charlotte Geoffrey, étasunienne expatriée vivant à Léningrad.
Seulement, comme souvent à Cthulhu, dès qu’on hérite de grand-tonton ou qu’un ami artiste décède, les ennuis ne sont jamais loin… ou plutôt si, puisqu’en posant les bonnes questions les joueurs finiront par aller explorer les grandes plaines glacées de la Russie, leur mère-patrie.
Comme le scénario précédent, ce sont les thèmes de l’Investigation / Interaction qui vont être mis au premier plan de cette aventure dans la Russie soviétique.
Plus que jamais, la compétence Bureaucratie sera indispensable pour aller fouiller dans les secrets d’un État totalitaire.
Mon avis
Si vous êtes en manque d’inspiration, ce recueil est peut-être fait pour vous.
Il explore le Mythe dans des zones moins mises en valeur habituellement, surtout dans le cas de la Russie.
S’adressant principalement à un public débutant, il peut néanmoins être joué par des joueurs plus expérimentés.
Il demandera malgré tout un peu de préparation au Gardien, chacune des aventures faisant environ une quarantaine de pages.
Orientées vers le binôme Investigation / Interaction, il lui faudra le temps d’assimiler les différents PNJ.
Un recueil intéressant pour Gardien en manque d’inspiration qui veulent jouer dans des endroits relativement inattendus.