Si je vous dis : du riz roulé afin d’être mangé en une bouchée, sur lequel on met une couche de raifort, recouvert d’une fine lamelle de chair de poisson cru, vous pensez à quoi ? Au Sushi ! Bien sûr ! Nous allons aujourd’hui parler de ce plat plus qu’emblématique du Japon !
Itadakimasu
Petit cours de cuisine pour ceux qui ne connaissent pas bien ce plat ! Le Sushi est une préparation japonaise de riz au vinaigre à laquelle on ajoute divers ingrédients selon les recettes : poisson cru ou cuit, crevettes, crabes, légumes, etc. Il existe plusieurs types de Sushis, mais nous ne parlerons ici que des deux types les plus connus : le Nigirizushi, la préparation de Sushi la plus classique, est composé de riz vinaigré sur lequel on pose soit une tranche de poisson cru ou cuit, soit des crevettes, soit des oeufs de saumon ou autres selon les recettes Le Makizushi, plus connu sous le nom de Maki en Occident, est en fait un sushi en rouleau comme l’indique son nom. Il est composé d’un rouleau d’algue noire séchée renfermant du riz vinaigré pressé, du poisson cru et des légumes.
Voilà pour la théorie, retournons en cuisine pour la pratique ! Dans Rapid Sushi, on va réaliser son rêve de devenir un grand chef cuisinier pour un restaurant japonais reconnu ! Sachez qu’il faut plus d’une dizaine d’années de pratique avant de pouvoir préparer de bons sushis ! Au restaurant « Rapid’Sushi », il faut savoir faire preuve de dextérité, de rapidité et, pour être proclamé le plus apte à travailler dans ce restaurant, les joueurs vont s’affronter dans une bataille culinaire épique !
C’est un jeu de Cyril Fay, illustré par Sylvain Costa et édité par Sandra et Pascal Moreira. Il s’adresse à un large public, les deux joueurs qui s’affrontent peuvent avoir de 6 à 106 ans (bah oui, quand on mange beaucoup de poisson, on reste en vie plus longtemps !) et il se joue très rapidement (5 minutes environ).
J’aime à comparer ce jeu à d’autres jeux de rapidité et d’observation qui se jouent en simultané, comme Speed et Fight. Il est cependant plus simple et plus accessible, même pour ceux qui n’affectionnent pas particulièrement ce type de jeu.
Totemo Oishi desu !
C’est dans une petite boîte aux couleurs chatoyantes qu’on trouvera tout ce qu’il faut pour préparer le menu. L’illustration de celle-ci se veut d’ailleurs humoristique : on peut voir deux cuisiniers japonais s’affronter à coups de baguettes, pendant que le gérant du restaurant se cache derrière une table. Pas de pions ni de dés ou de tokens ici, juste des cartes !
100 cartes composent ce jeu : – Des cartes Sushi et Maki qui détaillent les ingrédients requis pour la préparation de chaque carte. – Des cartes ingrédients, indispensables pour préparer les Sushi et les Maki. – Deux cartes closed signifiant la fin du duel. – Des cartes gong, utiles pour organiser des tournois à plusieurs joueurs.
Plutôt solides avec des rebords blancs ne laissant pas transparaître l’usure, ces cartes ne craignent pas les manipulations. Évitez cependant de jouer avec les mains pleines de graisse de chips aux crevettes car elles ne sont pas étanches !
Tatakainuku !
Les deux concurrents s’assoient l’un en face de l’autre et se regardent en chiens de faïence. On peut alors sentir une énergie émanant de chacun des gourmets prêts à cuisiner. (Eh oui, dans un jeu à thématique japonaise, les apprentis cuisiniers peuvent forcément faire appel à leur cosmo énergie !)
On place au milieu de la table le tas de cartes Sushi et Maki. On en retourne quatre, faces visibles : elles représentent les 4 Sushi/Maki à préparer. Sur chacune, on voit les ingrédients à associer pour réaliser la recette.
Chaque joueur prend alors fébrilement les cartes ingrédients qui correspondent à sa couleur, en veillant bien à placer la carte closed à la fin de son paquet, et se prépare psychologiquement au combat titanesque qui va suivre.
Remarque : les illustrations sont plutôt sympathiques et en corrélation avec le thème choisi, mais elles n’ont rien de particulièrement original.
Le jeu se joue, comme je le dis plus haut, en simultané. Chaque cuisinier retourne la première carte ingrédient de son paquet et doit la poser le plus rapidement possible sur une carte Sushi/Maki sur laquelle figure l’illustration du même ingrédient.
Ainsi, à l’aide de ses cartes ingrédients qu’il retourne une à une, chacun va essayer de compléter une carte Sushi/Maki avant l’autre. Si un ingrédient n’a pas sa place, il rejoint un espace vide, en face du joueur, appelé Frigo (bah oui, sinon ça va pourrir !) mais, chose étrange, on ne pourra pas faire appel aux ingrédients du frigo par la suite : c’est plutôt une « défausse » qu’un frigo !
Chaque joueur tente ainsi de compléter de son côté les 4 Sushi/Maki proposés. Lorsque l’un d’eux arrive à compléter une carte Sushi/Maki avec la totalité des ingrédients nécessaires, il crie « Sushi! » ou « Maki! », en fonction du nom de la carte.
Le jeu s’interrompt alors pour une vérification. Si tout s’avère correct, le joueur, qui avait rendu sourd son adversaire en criant, ramasse la carte Sushi/Maki complétée intégralement et la met par-devers lui. Son adversaire, lui, met dans son frigo les cartes ingrédients qu’il avait placées devant ladite carte qu’on remplace et c’est reparti ! Par contre, s’il y a eu erreur, le joueur doit se débarrasser des ingrédients qui étaient devant sa carte en les reléguant dans son frigo. Son erreur de composition lui a été fatale… ou pas. En tout cas, il a été pénalisé.
Le jeu continue ainsi et la bataille prend fin lorsqu’un des deux amateurs de cuisine japonaise pioche sa carte « closed », qui signifie « fermé » pour les non-anglophones.
Vous l’aurez deviné, le but du jeu est de réaliser le plus de Sushi/Maki mais aussi de réaliser les plus complexes (ceux qui ont le plus d’ingrédients) car on gagne 1 point par ingrédient présent sur la carte Sushi/Maki !
On compte alors ses points, en priant le Kami de la cuisine japonaise de nous avoir octroyé les cartes les plus avantageuses ! Et comme dans tous les jeux, le vainqueur peut humilier son adversaire avec un rire bien gras aux accents japonais (pour rester dans la thématique), rire suivi par une réplique cinglante du genre : »La cuisine japonaise n’est pas que chose qui se mange mais aussi chose qui se regarde » ! (Traduction : Bah oui, t’as mal regardé les cartes en prenant celles qui avaient le moins de points, du coup tes plats sont moins bons que les miens !!!)
Petit plus du jeu : des cartes tournois sont fournies pour jouer à plus de deux joueurs et permettent de tirer au sort ceux qui vont s’affronter en match éliminatoire. Exemple : le joueur qui a tiré la carte 1 affronte le joueur possédant la carte 2. Le vainqueur affronte celui qui a tiré la carte 3 et ainsi de suite.
Goshizosama-deshita !
Rapid Sushi est un jeu agréable où il faut faire preuve de rapidité, de sens de l’observation et avoir un peu de chance dans le tirage des ingrédients. Grâce à son extrême simplicité, il est plus accessible aux enfants ou aux personnes qui ne sont pas « fortiches » en jeu de réflexe que ses équivalents comme Fight! ou Speed. Il souffre néanmoins d’un petit défaut : le rythme du jeu est brisé par l’étape de vérification, l’intérêt de ce type de jeu étant de faire une course effrénée vers la victoire, course ponctuée de sensations désagréables à chaque fois que notre rival crie « Sushi! » ou « Maki! »… Cependant, ce défaut s’oublie dans sa variante frénétique où les vérifications ne se font qu’à la fin, ce qui redonne au jeu tout son attrait.
Pour moi, ce jeu présente un réel intérêt pour jouer entre novices ou pour initier les enfants. Mon fils qui n’est pas amateur des jeux de vitesse parce que je le bats toujours (Ouuuuhhh, le père indigne qui ne laisse pas gagner son enfant !!!) a été très content de me battre à plate couture ! Cependant, sa simplicité est à double tranchant : les non-joueurs et joueurs occasionnels vont aimer la facilité d’accès, alors que les initiés vont se dire qu’il manque quelque chose…
Pour finir, voici les traductions des différents termes japonais employés dans cet article :
– Itadakimasu n’a pas d’équivalent français. Formule de politesse employée pour honorer et remercier le cuisinier, ce mot ne veut en aucun cas dire « bon appétit » comme le veut la légende occidentale. – Totemo Oishi desu ! : C’est vraiment délicieux ! – Tatakainuku ! : Combattons jusqu’à la fin ! – Goshizosama-deshita équivaut à « Merci pour ce repas ». C’est une formule de politesse employée à l’attention du cuisinier ou de celui qui offre le repas, à la fin de celui-ci.
Et petit bonus : si vous rencontrez une Japonaise, dites-lui : « Denwabango wa nan ban desuka ? » (Quel est ton numéro de téléphone ?)