J’ai toujours cru que les nouilles chinoises en sachet, c’était un truc d’étudiant. Un repas de dépannage, sans amour ni fierté, juste un réflexe de fin de mois : on fait bouillir de l’eau, on balance les nouilles dedans, on vide le petit sachet de poudre magique, on mélange vaguement et on mange ça dans un bol ébréché, souvent devant un écran.
Ce n’est pas vraiment bon. Ce n’est pas vraiment mauvais non plus. C’est… tiède, au propre comme au figuré.
Jusqu’au jour où j’ai vu passer une vidéo sur une autre manière.
Le gars de la vidéo m’a dit à moi : « Tu les prépares mal. »
Comment ça, mal ? Comment peut-on mal faire un truc aussi idiot ?
Il m’a simplement souri et ajouté : « Essaie ça, tu comprendras. »
Petit con.
Le rituel qui change tout
Le principe de ce petit con, c’est de séparer les choses.
Pendant que les nouilles cuisent tranquillement dans l’eau, tu prépares la base ailleurs.
Dans un bol, tu mets le contenu du sachet d’assaisonnement, une grosse cuillère de mayonnaise — oui, de mayonnaise — et un jaune d’œuf cru.
Tu mélanges doucement, comme si tu allais faire une sauce. Ça va être épais, on va délayer.
À ce moment-là, tu prends une louche d’eau de cuisson des nouilles, bien chaude, et tu la verses petit à petit dans ton bol, en mélangeant pour éviter les grumeaux.
L’eau chaude va transformer la mayo et l’œuf en une sauce onctueuse, crémeuse, brillante.
Tu égouttes ensuite tes nouilles, tu les plonges dans cette sauce, et tu mélanges encore.
Et là, c’est la claque.
Les arômes de la poudre se fondent dans la sauce, la mayo apporte du corps, le jaune d’œuf de la douceur, et l’eau d’amidon lie le tout.
Ce n’est plus un bouillon fade chimique dans lequel flottent des pâtes : c’est un vrai plat.
Une fusion entre le ramen, la carbonara et la street-food japonaise.
Et c’est délicieux. Vraiment.
Le goût du respect
La première fois que j’ai goûté ça, j’ai halluciné. Parce que c’était si simple, et si succulent.
Aujourd’hui, je ne peux plus les manger autrement.
Avec l’expérience, j’ajoute aussi un piment frais ciselé, un ail concassé, du fromage à fondre, ou dernièrement du beurre de cacaouhette, et ça devient encore plus dingue.
C’est aujourd’hui un de mes plats préférés.
On parle de sachets à 50 centimes, là.
Mais c’est vraiment délicieux.