Le Ninjutsu parfois appelé également Ninpo est un art martial japonais ancestral. Ce terme désignait au douzième siècle l’ensemble des tactiques et techniques des guerriers ninjas qui étaient reconnus pour être de fins espions et assassins au temps du japon féodal. Aujourd’hui, certaines de ces techniques continuent d’être transmises et ont influencés plusieurs arts martiaux modernes. Replongeons ensemble dans la magie des arts ninjas grâce au dernier né en matière de jeu de stratégie sur le thème : Ninjutsu.
Protegeons notre Daimyô (seigneur féodal) !
Alors oui, le nom du jeu n’est pas original mais il aura eu le mérite d’attirer mon attention. En grand fan du Japon et de ses us et coutumes, je ne pouvais passer à côté d’un jeu de stratégie ninja ! Ninjutsu est un jeu de plateau pour deux joueurs uniquement dans lequel les joueurs se glissent dans la peau d’un clan ninja. Ce qui n’est pas sans rappeler les rivalités au seins des clans ninjas existant déjà à l’époque féodal. Ils habitaient dans des régions différentes et étaient selon la légende rivaux : les ninjas d’Iga et les ninjas de Koga ! Ici rien d’aussi romanesque, ce seront des ninjas noir/bleus ou rouges. Le but de ce jeu de stratégie rappelant un peu les jeux abstraits du type échecs est de découvrir l’identité du Soké et de le vaincre. Le Soké en japonais désigne le chef de famille et dans les arts martiaux; il désigne le grand maitre suprême ou plus communément appelé l’Iemoto, le successeur légitime de la lignée des maitres de la caste ou du clan. Le jeu est édité par University games et est disponible pour une vingtaine d’euros.
L’équipement du Shinobi
Alors ici grande surprise, le matériel est de bonne qualité. La boite en carton épais est très résistante et le thermoformage en plastique dur transparent très bien pensé. La forme du plateau rond est très originale et les artworks utilisés sont plutot jolis. On regrettera que le graphiste ait eu la main lourde sur photoshop, on aurait préféré des illustrations plus japonisantes mais le côté sombre de celles ci est plutôt bien pensé malgré tout. Une fois, le couvercle de la boite retournée on fait face à un magnifique dojo dans lequel on jettera les dés. Les pions utilisés pour représenter les ninjas et les sokés sont des morceaux de carton épais qu’on place dans des socles ninjas de la couleur appropriée. Ils ont deux faces, une face cachée et une face qui indique leur niveau de puissance. Et pour agrémenter le tout des armes pour nos ninjas sous formes de 50 cartes chacun : des katanas (épée japonaise), des saï (arme en forme de trident), des kusarigama (faucille reliée à une chaine) et des nunchaku (deux batons reliés par une chaine). On trouvera aussi quelques shurikens en cartons épais : arme jet indispensable du ninja !
Le tout se range assez facilement après utilisation et c’est très agréable de voir que l’éditeur ait pensé à cela.
Tu vas tâter de mon Ninpô !
Le jeu se joue simplement mais a quelques subtilités. On peut donc facilement jouer avec son enfant. Pour ce test, j’ai d’ailleurs demandé la complicité de mon fils de huit ans pour pouvoir vous retranscrire nos émotions d’après bataille !
Comme je l’ai dit plus haut, c’est un jeu qui se joue à deux et chaque joueur va donc hériter d’un clan ninja, 3 shurikens, 3 dés de sa couleur et de 50 cartes : 45 cartes armes et 5 cartes actions. Sur le plateau sont placés les pions ninjas et parmi eux se trouve le grand maître qu’il faudra débusquer et vaincre. (Il svaut donc mieux le placer à un endroit stratégique).
3 Phases résument assez bien le jeu :
Phase cartes armes : dans cette phase, le joueur dont c’est le tour retourne 3 cartes armes de son tas de carte. Son adversaire en fait de même. On compare alors le nombre d’étoiles des cartes une à une. Si le joueur dont c’est le tour a plus d’étoiles, il remporte cet assaut et peut donc passer à la phase suivante. Si le joueur obtient trois victoires sur ces trois cartes, il remporte en plus un shuriken en bonus. Sinon, c’est au tour de son adversaire de tirer des cartes pour tenter de gagner l’assaut pour déplacer ses ninjas. En clair, un joueur en dehors de son tour ne peut pas tenter d’emmener ses ninjas à l’assaut et il ne peut le faire à son tour que s’il remporte la phase de retournement des cartes armes.
Phase mouvements : le joueur qui a gagné à son tour la phase de retournement de cartes peut alors bouger ses ninjas (en avançant, en reculant, en diagonale ou en ligne droite) en fonction de son nombre de victoire à la phase précédente. Sur les 3 cartes posées s’il a remporté deux victoires, il peut bouger soit un ninja de deux cases soit deux ninjas d’une case.
Bataille : si un ninja est déplacé sur une case ou un ninja adverse se trouve, on retourne alors face visible les ninjas pour reveler leurs rangs. En fonction du rang du ninja, on va lancer un dé différent dans le dojo. (le ninja de rang 1 lance un dé à 6 faces, le ninja de rang 2 lance un dé à 8 faces et me Soké le dé à douze faces). Vous l’aurez déviné, le plus grand résultat l’emporte !
Petite astuce : les joueurs peuvent utiliser un shuriken pour relancer leur dé mais peuvent aussi jouer de façon plus sournoise ! Ils peuvent tenter de changer le résultat du dé de l’adversaire en tirant dessus. Et oui, le ninja est sournois, c’est bien connu !!!
La bataille terminé c’est au joueur suivant d’entamer sa face de cartes armes. On continue ainsi de suite jusqu’à ce que le Soké soit découvert et vaincu. On peut pimenter la partie en utilisant les cartes actions à son tour qui nous donnerons des bonus du style capturer un ninja au premier rang sans avoir à l’affronter, etc…
Sous le masque du ninja
Ninjutsu est un beau jeu avec un matériel de bonne qualité allant jusqu’à utiliser le couvercle de la boite comme lieu d’affrontement sacré. Il a des règles assez simples une fois les spécificités expliquées, ce qui en fait un jeu familial facile d’accès avec une pointe de stratégie. Mais on est loin des jeux abstraits type échecs car ce jeu est vraiment trop dépendant du hasard et j’ai été vraiment déçu du coup. La phase de retournement des cartes armes n’est dépendante que du hasard et viendra avantager soit l’un soit l’autre sans aucune maitrise possible et elle est vraiment trop longue. A tel point qu’on peut finir par s’essouffler et s’ennuyer à cause de cette phase ! Et c’est vraiment trop dommage ! La phase de bataille est pourtant bien pensée surtout avec le système de combat de dés dans le dojo où on peut changer le résultat de son adversaire en jetant son dé contre le sien.
Au final, un jeu à réserver aux enfants ou aux adolescents qui aiment les combats de Ninja et qui sont amateurs comme mon fils des séries animés du style Naruto.